UNE ÎLE AU BOUT DU MONDE

 


Les portes automatiques

Avant j’ouvrais la porte

À l’entrée de la poste

Et je tendais la main

Pour m’acheter du pain…

 

Aujourd’hui j’fais la porte

À la sortie des postes

Et si je tends la main

C’est pour m’ach’ter du vin…

 

Les portes automatiques

Ça c’est bien plus pratique

Pour entrer  et sortir,

Pour courir, pour courir…

 

Et si je tends la main

C’est pour m’ach’ter du vin,

C’est pour boire, c’est pour boire

Sur le bord du trottoir…

 

Les portes automatiques

C’est toujours plus pratique

Pour entrer et sortir,

Pour courir, pour courir…

 

Moi, je sais pas courir :

Je ne fais que dormir,                   

Avec une bouteille

Qui me donne du sommeil…

 

Moi, je sais pas courir :

Je ne fais que dormir,                   

Avec une bouteille

Qui me donne du sommeil…

 

Les portes automatiques

C’est toujours plus pratique

Pour entrer et sortir,

Pour courir, pour courir…

 

 

Le printemps des poètes     (Prime time)

Il faut passer l’hiver,

Dépasser le printemps

Devenir un peu mort

Pour que poussent les fleurs

Sur les tombes des poètes.

C’est souvent en hiver

Que l’on fête le printemps

De poèmes plantés

Il y a déjà longtemps

Quand les poètes vivaient

Et qu'ils mangeaient des fleurs

Déjà par les racines

Avec du bouillon d’huile

Pour graisser leur machine…

Il faut passer l’hiver,

Dépasser le printemps

Devenir un peu mort

Pour que poussent les fleurs

Sur les tombes des poètes.